Airbus fleuron de notre industrie, Airbus dominant Boeing…Nous avons tous été fier des réussites de cette entreprise franco-allemande au cours de ces dernières années. Mais depuis, deux erreurs majeures ont été commises par Jacques Chirac et le gouvernement auquel appartient Nicolas Sarkozy :
-La première c’est le débarquement de Philippe Camus au profit de Noël Forgeard : décision éminemment politique qui a déstabilisé le management d’EADS et cristallisé les oppositions franco-allemandes à un moment où il fallait au contraire de l’unité.
-La seconde c’est l’absence de contrôle de l’actionnaire Etat sur les choix industriels de l’entreprise. Sans entrer dans les détails, je prendrais deux exemples : Le choix de lancer l’A380 était-il le bon ? Plus encore fallait-il en riposte de Boeing, lancer l’A350 ? Plutôt que de vouloir servir ses amis (N.Forgeard notamment) il aurait mieux valu que l’Etat joue pleinement son rôle d’actionnaire.
Aujourd’hui la situation est la suivante : Airbus rencontre une crise de management sans précédent, une incertitude industrielle, une absence de volonté de l’Etat, un plan social annoncé de façon scandaleuse aux salariés qui ne comprennent pas à raison comment on peut passer d’une éclatante réussite industrielle à une crise profonde, une procédure engagée contre certains actionnaires et anciens ou actuels dirigeants d’EADS pour délit d’initié. Cette affaire est extrêmement grave et révélatrice de l’état d’esprit des amis de N.Sarkozy…On sait que les difficultés arrivent, on se dépêche de vendre les actions avant la chute du cours !!
Que faut-il faire ? D’abord et avant tout (l’inverse des propositions de N.Sarkozy) que l’Etat joue pleinement son rôle dans ce secteur stratégique : recapitalisation de l’entreprise si nécessaire, appui porté à la recherche et l’innovation pour combler le retard technologique réel par rapport à Boeing. Il faut ensuite suspendre le plan social en attendant que les actionnaires y voient clair sur les choix de développement futur.
C’est un véritable gâchis qu’il faut dénoncer. La responsabilité du politique est énorme et celle du management d’Airbus passé et présent lourdement engagée. Il n’est pas normal que ce soit les salariés qui trinquent… Aux dirigeants, on propose des indemnités de départ scandaleuses et des stocks options…Pour les ouvriers, c’est un plan social. Est-ce vraiment ce modèle de société que nous voulons pour la France ? Evidemment non.
